Qu’est ce qu’un oxymore ?

Un oxymore est une figure de style qui permet de rapprocher deux termes dont le sens est en apparence contradictoire.

L’oxymore en quelques mots

L’oxymore est une figure de style de la langue française. En grec, ce mot peut se traduire par fou ou insensé. Cette description est très bien appropriée puisque l’oxymore est une figure de style assez surprenant. Il consiste en effet à joindre deux mots aux sens radicalement opposés pour donner une image à la fois percutante et contradictoire à notre esprit. Si le but est de créer une contradiction, l’oxymore peut donc être assimilé à d’autres figures de style qui usent de la contradiction direz-vous. Ce n’est pas le cas. Prenez le paradoxe et l’antinomie, par exemple, la contradiction existe bien, mais elle se trouve dans le raisonnement et non dans les mots eux-mêmes. Il en est de même pour l’antilogie où la contradiction se trouve entre deux ou plusieurs idées énoncées dans un même discours. L’oxymore, lui, est beaucoup plus poétique, puisque la contradiction conduit presque toujours à une métaphore.

L’oxymore dans la littérature…

L’oxymore est souvent utilisé en poésie pour accentuer le côté poétique des vers, mais beaucoup d’écrivains l’utilisent également pour décrire une réalité difficile à décrire et marquer ainsi leur lecteur. La plupart des auteurs français sont friands d’oxymores. Molière, dans sa pièce le Malade imaginaire, use d’un oxymore quand il parle de « jeune vieillard ». De même, dans sa fable qui parle du lièvre et de la tortue, Jean de La Fontaine utilise un oxymore pour décrire la tortue triomphante qui « se hâte avec lenteur ». Dans ses poèmes, Rimbaud parle de « tendresses bestiales » et de « splendeurs invisibles ». Dans le Cid, Corneille évoque une « obscure clarté » et pour décrire la terre, Paul Eluard dit qu’elle est « bleue comme une orange ». De son côté, Victor Hugo parle de « nains géants » et Balzac de « sublime horreur ».

… et dans la vie de tous les jours

Vous pensez que l’oxymore est l’apanage des auteurs ? Vous vous trompez. Tous les jours, et souvent à notre insu, nous utilisons un oxymore pour communiquer et décrire les événements qui nous ont marqués. Quand vous dites que vous avez fait un « aller-retour », vous employez déjà un oxymore. Quand vous affirmez avoir reçu un « accueil repoussant » de la part de vos nouveaux collègues, c’est également un oxymore. Si quelqu’un vous demande si vous avez bien dormi et que vous répondez avoir passé une « nuit blanche », vous employez un autre oxymore. Si votre ami vous invite à voir un film de « mort-vivant », il use lui aussi d’un oxymore. Quand vous commandez un plat à la sauce « aigre-douce » et que vous parlez de « réalité virtuelle », vous usez encore et toujours d’oxymores. Si après une dispute, vous trouvez qu’il y a un « silence éloquent » vous avez, là encore, usé d’un oxymore. Par ailleurs, quand un technicien ou un politicien parle dans son discours de « croissance nulle » ou de « discrimination positive », rappelez-vous qu’il use d’un oxymore.

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